Célébration des 150 ans de l’édifice de la Bibliothèque du Parlement

Célébration des 150 ans de l’édifice de la Bibliothèque du Parlement

Depuis 150 ans, l’édifice de la Bibliothèque du Parlement est l’un des monuments les plus emblématiques du Canada. Inauguré en 1876, ce chef-d’œuvre architectural est riche en histoire et en savoir-faire artisanal, et sert de source d’information et de savoir au cœur du Parlement.

Alors que nous célébrons son 150e anniversaire, nous célébrons bien plus qu’un bâtiment remarquable qui a enduré des incendies, des reconstructions et des rénovations. Nous honorons également les différentes générations d’employés de la Bibliothèque qui ont contribué à cette institution au fil des ans, en lui permettant d’élargir ses services et d’approfondir son expertise pour répondre aux besoins changeants des parlementaires.

Joignez-vous à nous pour célébrer cet anniversaire marquant en découvrant la riche histoire de cet édifice, son architecture remarquable et son rôle durable au centre de la démocratie parlementaire canadienne.

 

Vidéo promotionnelle (version française) sur la Bibliothèque du Parlement.

 

La vidéo ci‑dessus est également offerte en :

 

La Bibliothèque du Parlement trouve ses origines dans les bibliothèques législatives du Haut et du Bas-Canada, créées respectivement en 1791 et 1792. Après l’unification du Haut et du Bas-Canada et la création de la nouvelle Province du Canada, les collections de ces bibliothèques législatives sont fusionnées en 1841 et, en 1871, une loi établit la Bibliothèque du Parlement telle que nous la connaissons aujourd’hui. 

En 1859, un concours d’architecture est lancé pour la conception de l’édifice de la Bibliothèque du Parlement. Des architectes de Grande-Bretagne, d’Europe continentale, des États-Unis et du Canada soumettent des propositions de concept parmi lesquelles figurent un château normand, un temple grec et un manoir victorien. Les gagnants du concours, les architectes Thomas Fuller et Chilion Jones de Toronto, proposent un projet de style néogothique, inspiré de la salle de lecture du British Museum à Londres et de la bibliothèque Sainte-Geneviève à Paris.

Le premier bibliothécaire parlementaire, Alpheus Todd, influence la conception du bâtiment. Il préconise notamment une forme circulaire qui permettrait de voir la majeure partie de la collection d’un seul regard. Mais sa contribution la plus judicieuse reste celle d’exiger que la Bibliothèque soit construite dans un bâtiment distinct du bâtiment principal de l’édifice du Centre, et relié à celui-ci par un couloir doté de lourdes portes en fer. Cette prévoyance s’avérera déterminante pour la survie de la Bibliothèque.

L’édifice de la Bibliothèque du Parlement a résisté à deux incendies.

Le 3 février 1916, un incendie se déclare dans la salle de lecture de la Chambre des communes et se propage rapidement dans tout l’édifice du Centre. Grâce à la rapidité d’un messager de la Chambre des communes et du bibliothécaire Michael Connolly MacCormac, les lourdes portes en fer de la Bibliothèque sont fermées juste à temps : la Bibliothèque est épargnée tandis que le reste de l’édifice du Centre est rasé par les flammes. Pendant plus de quatre ans, la Bibliothèque se dresse seule au milieu du chantier de construction du nouvel édifice du Centre.

Un autre incendie éclate en 1952, cette fois à l’intérieur même de la Bibliothèque, dans son dôme imposant. Bien que l’incendie soit rapidement éteint, la fumée et l’eau causent d’importants dommages au bâtiment et à la collection.

D’importants travaux de restauration sont nécessaires après l’incendie de 1952. Des milliers de pièces sculptées à la main – notamment des moulures, des portes sculptées, des rosettes délicates, des tiroirs en chêne et des panneaux muraux ouvragés – sont étiquetées, démontées et expédiées à Montréal, où elles sont méticuleusement nettoyées et remises à neuf. Pendant ce temps, les membres du personnel de la Bibliothèque travaillent sans relâche pour sécher, stabiliser et restaurer les articles endommagés de la collection, afin de s’assurer que le bâtiment et ses ressources inestimables sont préservés pour les générations futures.

Bon nombre des éléments victoriens originaux de la Bibliothèque ont été modifiés avec le temps, mais un important projet de restauration lancé en 2001 permet de leur redonner leur splendeur d’antan, préservant l’intégrité architecturale et le savoir-faire artisanal original de l’édifice. Au cours de ce projet, le bâtiment est également agrandi sous terre afin de permettre à la Bibliothèque d’avoir plus d’espace pour sa collection. Les rénovations sont achevées en 2006.

En 2019, l’édifice de la Bibliothèque du Parlement ferme de nouveau ses portes en raison de la réhabilitation en cours de l’édifice du Centre. La Bibliothèque restera fermée jusqu’à la réouverture de l’édifice du Centre. Elle continue néanmoins de servir les parlementaires durant cette période par l’entremise de ses cinq succursales situées un peu partout sur la Colline du Parlement.

 

L’édifice de la Bibliothèque du Parlement regorge d’incroyables détails reposant sur un savoir-faire artisanal exceptionnel. Des panneaux sculptés de pin blanc canadien représentent des fleurs, des masques et des créatures mythiques. Le parquet ouvragé, en cerisier, chêne noir et noyer blanc, ainsi que la statue en marbre blanc de la reine Victoria comptent parmi les éléments emblématiques de l’intérieur de l’édifice. L’architecte Frederick John Alexander a conçu les aménagements intérieurs, incluant les moulures en bois, les panneaux, les corniches et les sculptures qui donnent à la Bibliothèque son riche style néogothique de la grande époque victorienne.

Les rayonnages de livres de trois niveaux de la Bibliothèque constituent l’un des éléments les plus frappants de cet espace. Les rayonnages sont disposés en huit sections qui s’étendent vers le centre de la pièce circulaire comme les rayons d’une roue, et qui passent juste sous les hautes fenêtres, créant ainsi un motif visuel saisissant. Chaque travée est ornée de frontons sculptés, de panneaux de feuillage en relief, de bordures à motifs, de rosettes sculptées à la main et de motifs détaillés de marguerites et de tournesols, mettant en valeur l’habileté exceptionnelle des artisans qui ont donné vie aux créations d’Alexander. 

Bien que l’édifice lui-même soit emblématique, la Bibliothèque du Parlement est avant tout une source moderne et non partisane d’information et de connaissances pour les parlementaires.

Au fil des ans, le rôle de la Bibliothèque a évolué : elle n’est plus seulement un lieu servant à entreposer une collection de référence traditionnelle, mais également une institution de recherche dynamique. Aujourd’hui, en plus de sa vaste collection de ressources, elle offre aux parlementaires et à leur personnel des services de recherche, d’information et d’analyse impartiaux et confidentiels. La Bibliothèque offre également, au nom du Parlement, des services aux visiteurs ainsi que des ressources éducatives destinées à aider les personnes de tous âges à découvrir le rôle, l’histoire, l’art et l’architecture du Parlement du Canada.

Même si le bâtiment historique demeure fermé pendant la réhabilitation de l’édifice du Centre, la Bibliothèque continue d’offrir ses services sans interruption, garantissant aux parlementaires un accès à une expertise, à une information et à des connaissances fiables.

  • Il a fallu dix mois aux sculpteurs les plus habiles de Toronto pour achever l’intérieur en pin blanc de l’édifice de la Bibliothèque du Parlement.
  • Les architectes Fuller et Jones ont reçu de nombreux éloges pour avoir utilisé beaucoup de matériaux provenant de la région d’Ottawa dans la conception de la Bibliothèque du Parlement.
  • Marshall Wood a sculpté la statue de la reine Victoria en marbre blanc. Achevée en 1871, elle s’est avérée très populaire à l’époque et a même provoqué un engouement pour ce genre de statue.
  • La Canada Lock Company a employé une soixantaine de détenus du pénitencier de Kingston pour réaliser les balustrades en fer forgé des alcôves et des rayonnages à trois niveaux.
  • L’agence d’architecture Thomas Fuller Construction Company, qui est gérée par les arrière-petits-fils de l’un des architectes originaux de la Bibliothèque, a participé à la rénovation de l’édifice lancée en 2001.